Merde au travail sur soi Marion Jublier Blog

Merde au “travail sur soi” !

“Pourquoi faudrait-il toujours travailler sur soi, travail, travail, travail !!???” C’est grosso modo la réflexion de notre enseignant en coaching de vie ce weekend, lorsque lors du bilan de fin de module nous exprimions tous plus ou moins qu’il nous fallait travailler sur nous-mêmes concernant tels ou tels aspects de nos personnalité, croyances, pensées, comportements… Et lui de poursuivre: “qu’avez-vous plutôt envie de voir grandir, de développer ?”

Eurêka ! J’ai senti en moi un soupir de bonheur, tout mon corps a soufflé “ouf !”. C’est ça ! C’est ça qui me turlupinait depuis des mois ! On entend parler sans cesse de travail sur soi-même, de développement personnel, de nettoyer nos croyances limitantes et nos émotions négatives… Au travail, dans les relations, partout, il nous est toujours vivement conseillé d’améliorer ceci, d’être au top de cela; de cacher, gommer, rectifier, dissimuler, éliminer, faire des efforts, arranger, perfectionner, trimer, s’exercer, s’évertuer… Encore une fois on considère qu’il y a toujours quelque chose de négatif, de pas bon, de pas bien en nous et dans nos façons d’être et de faire. En gros y a toujours un défaut et il faut travailler duuuuur sur soi-même pour changer et devenir la “meilleure version de soi-même”.

Et ben crotte !

Oui crotte ! Du travail sur moi-même ça fait des années que j’en fait et ça change pas grand chose ! Mes peurs, mes croyances limitantes, mon mental en surchauffe et les émotions débordantes sont toujours là… Pourquoi ? Parce que les émotions lourdes et croyances nuisantes apaisées et envolées, les moments où les choses ont vraiment changé pour moi dans ma vie, ne sont pas des moments où j’ai travaillé très dur sur moi. Non. Ce sont des moments où j’ai pris conscience, sans jugement, de ce qui se passait en moi. Ce sont des moments où, au lieu de forcé, j’ai accueilli, tout accueilli (joies comme douleurs). Et dans cet accueil, dans ce non-vouloir, dans cet espace de non-intention et de non-contrôle, je me suis transformée.

Bien sûr, sur le coup je ne savais pas ce qu’il se passait. Je n’avais pas conscience que je lâchais prise, que je cessais le contrôle. C’est maintenant avec le recul que je suis capable de percevoir ce qui s’est passé. Et c’est normal puisque lâcher prise c’est quelque chose qui se fait tout seul, on ne peut pas le décider. Si je décide de lâcher prise maintenant et que j’y mets toute ma volonté, alors je suis dans le contrôle (je tente de contrôler le lâcher prise, le comble mdr 🙂 !). Le lâcher prise, la non-intention, cesser de contrôler, ce sont des choses qui nous arrivent, elles ne se décident pas, elles se vivent.

Que veux-tu faire grandir en toi ?

Cette question m’a fait une telle bouffée d’air frais parce qu’enfin je me suis sentie traitée avec bienveillance, avec humanité. Tout à coup je n’étais plus une misérable humaine, pécheresse, pleine de défauts et de vices à expier par de rudes, longs et douloureux labeurs (vous les sentez aussi les 2000 ans de conditionnements judéo-chrétiens ? 🙂 Merci les gars !). Et bien non, cette fois-ci j’avais face à moi un regard plein de compassion, m’invitant à porter sur moi-même ce même regard.

Quand je dis qu’il me faut travailler sur mes jugements, ou sur ma trop grande sensibilité ou sur … (à vous de compléter), qu’est-ce qu’en réalité j’essaye d’exprimer, quel est le besoin derrière ? Que je souhaite faire grandir ma capacité d’écoute, d’accueil et de compassion par exemple. Ou que j’aimerais mettre en pratique ma capacité à exprimer mes émotions de façon saines et appropriées, etc.

Comme le flocon de neige, le brin d’herbe et le petit enfant

C’est en regardant la neige tomber aujourd’hui que tout ça m’est venu. Le flocon de neige est tellement léger dans sa façon de tomber. Il ne force rien, se laisse porter, et au bout de quelques heures tout est recouvert et le paysage est blanc. Il n’a livré ni bataille, ni planifié aucune stratégie. Le brin d’herbe c’est pareil, est-ce qu’on lui tire dessus pour qu’il pousse ? Et le petit enfant ce n’est pas à coup de critiques et de cris qu’il grandit confiant, mais avec amour, clarté et bienveillance.

Il y a un courant de vie qui coule en nous. Une vague d’énergie prête à nous propulser. Vous le sentez cet océan d’infinité en vous qui n’attend qu’un signe de votre part pour vous embarquer sur ces flots puissants ? Et pour cela, pas besoin de travailler dur; vous êtes cet océan, prenez-en conscience et laissez-vous porter…

Marion

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